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Les leaders religieux s'engagent à bannir l'excision en Guinée
P.B. - 2010-06-09 18:06:17

Organisées en collaboration avec le Secrétariat général aux affaires religieuses, ces journées de réflexion ont bénéficié de l'appui technique du consortium d'ONG internationales, regroupées au sein du Projet Espoir sous le financement de l'USAID Guinée. Le Projet Espoir est composé de Pathfinder International, de Population Services International(PSI) et de Tostan. L'objectif de la rencontre était de mettre les participants au même niveau d'information pour une question d'harmonisation des positions des fidèles religieux face à la pratique de l'excision en Guinée. Obtenir ainsi, un engagement résolus des uns et des autres à l'issue des débats mutuellement instructifs, à travailler pour la culture de bonnes mœurs, pour une promotion plus accrue de l'abandon de l'excision et autres pratiques néfastes qui affectent la santé de la femme, dans le but de réduire de façon considérable les cas de décès maternels et infantiles. Ces débats étaient d'autant plus indispensables et nécessaires que, dans nos sociétés, les leaders religieux jouent un rôle de premier plan dans le changement des comportements. A juste raison donc, ils sont mieux placés pour sensibiliser sur les conséquences de cette pratique ancestrale sur la santé des femmes en général et des jeunes filles en particulier. C'est pourquoi, dans son discours d'ouverture, le Directeur du projet Espoir, Dr.Alpha Mahamoud Barry a indiqué aux participants que dans le monde, plus de 130 mille femmes meurent chaque année du fait de l'excision. Ce qui donne à ce phénomène, de l'avis de certains observateurs, l'allure d'une véritable catastrophe qu'il faut, à tous points de vue combattre. C'est bien cela le crédo du projet Espoir du Consortium Pathfinder, PSI et Tostan qui, a expliqué Dr.Alpha Mahamoud Barry, travaille sur le terrain pour promouvoir les bonnes pratiques comme l'allaitement maternel exclusif les six premiers mois, la vaccination et la promotion de l'abandon de l'excision, pour une réduction de la mortalité des femmes et des enfants. En s'adressant aux participants, la représentante du Ministre de la santé et de l'Hygiène Publique, Dr Rachid Madina, a révélé que 96% des femmes guinéennes sont excisées. Elle a affirmé qu'il existe plusieurs types d'excisions et que la forme la plus répandue est l'ablation du clitoris, des petites et grandes lèvres . Avant de citer quelques conséquences des mutilations génitales féminines, Dr Madina Rachid a demandé humblement aux chefs religieux de s'impliquer activement dans la lutte contre cette pratique ancestrale, gage certain de réduction de la mortalité maternelle et infantile. Pour sa part, la Ministre de la Solidarité Nationale, de la Promotion Féminine et de l'Enfance, Nanfadima Magassouba, s'est personnellement réjouie de l'émergence en nombre des ONG de lutte contre les mutilations génitales féminines en Guinée, considérée comme le pays africain où le pourcentage de femmes excisées reste encore très élevé. Elle a pour ce faire salué l'esprit d'ouverture des leaders religieux avant d'émettre le souhait qu'ils jouent, comme toujours, d'interface incontournable avec les populations guinéennes, réputées fidèles musulmanes et chrétiennes. Nanfadima Magassouba a également mis l'occasion à profit pour remercier les artistes qui se sont investis dans la lutte contre cette pratique en Guinée. Elle a cité à titre d'exemple, Sékouba Bambino Diabaté, auteur d'un single qui flétrit l'excision. Dans son discours d'ouverture, le Secrétaire Général aux Affaires Religieuses, Dr Koutoubou Mousatpha Sanoh a demandé aux uns et aux autres de veiller à ce que les recommandations des débats soient appliquées à la lettre par tous. Car, « vous êtes la référence des nos sociétés » a-t-il affirmé. Et, d'ajouter, « les religieux ne doivent pas être à l'écart des débats portant sur l'excision. Ils doivent s'impliquer en prenant positions par rapport à la vérité. L'humanité évolue. Il y a donc une nécessité d'évoluer avec elle. L'évolution doit être tenue en compte par la religion. Mieux, elle doit participer au changement de l'humanité » indique le Dr Sanoh. « Avant, on ne connaissait presque jamais les origines des maladies. Mais, aujourd'hui avec l'évolution, on explique les causes et les conséquences de toutes les maladies. Pour cela, il faut conjuguer les efforts avec les médecins, ONG et autres pour une lutte efficace contre l'excision ». A l'issue de deux jours de débats intenses et fructueux, les chefs religieux ont convenu de définir « l'excision comme la coupure du clitoris, des petites et grandes lèvres ainsi que la fermeture complète de l'organe sexuel par méconnaissance ou par mauvaise interprétation coranique». L'islam et le christianisme n'étant pas des religions qui portent atteinte à l'intégrité physique de la femme, ils se sont unanimement engagés à lutter farouchement contre toute pratique qui porte atteinte à l'intégrité physique et morale de la femme sur toute l'étendue du territoire guinéen ; et de faire en sorte que les recommandations du prophète Mohamet (PSL) soient respectées. Dans la cérémonie de clôture des travaux, le Secrétaire général aux affaires religieuses a conclu en ces termes : « si les exciseuses savaient ce que l'Islam dit sur le respect de la femme, elles allaient s'interdire de pratiquer l'excision ».


 


 






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